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On a tué mes enfants – Ann Rule

« On a tué mes enfants ! » hurle Diane Downs en se précipitant aux urgences.. Un homme brun aux cheveux longs l’a menacée d’une arme, a tiré sur elle, ses deux filles et son fils. Le petite Cheryl succombe peu après à ses blessures, les pronostics médicaux pour Christie et Danny ne sont guère optimistes : ils seront sans doute handicapés à vie.
Devant ce crime révoltant, la police se lance à la poursuite du mystérieux suspect. Dans une Amérique transportée d’indignation, seul Fred Hugi, un procureur zélé, ose envisager un scénario improbable, de ceux qui soulèvent le cœur et suscitent l’incrédulité générale… La ravissante, l’adorable Diane Downs serait-elle une Médée des temps modernes, capable de reprendre la vie autant que de la donner ?
Ann Rule, ancien inspecteur des forces de l’ordre de Seattle, forme des policiers et collabore à la traque des serial killers. Elle nous entraîne ici dans le gouffre terrifiant des noirceurs de l’âme humaine.

A savoir : Ann Rule, ancienne policière, elle a écrit des romans policiers « vrais », connus en anglais sous le terme générique true crime stories.
« On a tué mes enfants » est un essai sur une véritable affaire policière qui retrace l’histoire de Diane Downs, condamnée pour infanticide après la nuit du drame survenu en 1983.

Mon avis : Premier livre et certainement pas le dernier que j’ai lu d’Ann Rule. Déjà le fait que cela relate d’une histoire vraie a attisé fortement ma curiosité. La construction du livre est vraiment très bien car on suit les enquêteurs chargés dans cette affaire : ils piétinent pour trouver des preuves concrètes afin d’arrêter Diane Downs. On apprend aussi beaucoup sur la personnalité de cette dernière, sur son état psychologique et sur son enfance entre autres.
J’ai ressenti beaucoup de peine sur ce qu’ont enduré les enfants de Diane Downs, notamment la plus âgée : Christie, qui elle seule peut témoigner sur ce qui s’est passé cette nuit de 1983.
C’est un récit vraiment très bien écrit et intéressant, et bien qu’il contienne pas moins de six cent pages, à aucun moment je me suis ennuyée à sa lecture.
La partie du procès est très bien explicite notamment sur la tension qui y régnait à ce moment-là mais aussi sur le comportement des témoins et de Diane Downs. Chaque faits et gestes nous sont décrits.
Bref, lire « On a tué nos enfants » c’est se plonger dans une investigation policière du début à la fin et espérer avec les policiers qu’ils réussiront à faire emprisonner la coupable.

« Tout détective sait qu’un meurtre qui ne se solde pas par une arrestation dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures reste souvent non résolu, les chances diminuant au fil des jours. »

« Tous nos souvenirs sont imparfaits, déformés par la perception subjective. Ce qui est arrivé à moins d’importance que ce dont nous nous souvenons. »

Mon ami Dahmer – Derf Backderf

Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l’Ohio située non loin de Cleveland. Au début des années 1970, il entre au collège, où il fait la connaissance de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange. Les deux ados se lient d’amitié et font leur scolarité ensemble jusqu’à la fin du lycée. Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l’un des pires serial killers de l’histoire des Etats-Unis. Arrêté en 1991, puis condamné à neuf cent cinquante-sept ans de prison pour une série de dix-sept meurtres, Dahmer, surnommé « le cannibale de Milwaukee », finira assassiné dans sa cellule en 1994. Mon ami Dahmer est le récit de la jeunesse de ce tueur.


Mon avis : Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’avais jamais entendu parler de ce serial-killer, c’est un ami qui m’a offert ce livre.
Ce que j’ai aimé dans ce récit, c’est avant tout le fait qu’il nous offre un point de vue de Jeffrey Dahmer par un ancien camarade de classe donc l’auteur lui-même. Il précise bien que ce roman graphique n’a pas été écrit dans le but de ressentir de la compassion pour Dahmer mais, que durant l’adolescence de ce dernier, il y avait déjà certains signes avant-coureur qui auraient pu alarmer les adultes sur ce qu’il allait devenir.
Jeffrey Dahmer grandit dans un milieu familial compliqué : ses parents divorcent au moment où il commence à ressentir un besoin obsessionnel de tuer. Avant de franchir ce pas, il plonge dans l’alcool aux abords du lycée pour « faire taire » ses pulsions. Beaucoup d’élèves s’en aperçoivent et donc l’auteur aussi mais, Dahmer est un garçon solitaire, étrange certes, mais qui ne cause pas d’ennuis à cette période. D’ailleurs, c’est ce que disent plus tard les professeurs qui l’ont eu pour élève et c’est pour cela qui n’ont pas réagit.
« Mon ami Dahmer » est un roman graphique très intéressant qui en plus de nous conter la jeunesse de ce tueur, nous fait prendre conscience que l’on devrait intervenir quand on ressent un certain mal-être chez un individu, même si ça ne change pas son devenir.

« Dahmer savait pertinemment que ses pulsions sexuelles étaient malsaines et déviantes. Mais il n’avait personne vers qui se tourner. Il était seul avec son cauchemar. « C’était impossible à partager », expliquerait-il par la suite. Cette obsession des cadavres et des viscères hantait Dahmer, mais elle le remplissait aussi de révulsion et d’un sentiment grandissant de panique. »

« Depuis cette nuit-là dans l’Ohio, depuis cette impulsion nocturne, plus rien n’a été pareil. Ca vous marque à vie. Après cet événement, je me disais que j’allais essayer de vivre aussi normalement que possible et d’enterrer tout ça, mais ces choses-là ne restent pas enterrées. » – Jeff Dahmer entretien avec le Dr Kenneth Smail, psychologue – Police du Milwaukee, 26 août 1991.


Lu dans le cadre du challenge Shiny Summer – Menu : Sable chaud / Catégorie : Château de sable.

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Violette Nozière – Jean-Marie Fitère

Empoisonnement, parricide, inceste : tels sont les éléments apparents et controversés d’une affaire judiciaire hors-série et hors du temps. Le crime commis en 1933 par Violette Nozière est sans âge. Il trouve ses motivations indirectes dans le malaise d’une jeunesse face à une société en crise, plus précisément dans une inadaptation au milieu familial.
C’est pour y échapper que la parricide de dix-huit ans, « pervertie d’occasion », a perpétré un forfait sans excuse aux yeux de la justice.
« Le crime de Violette Nozière, s’était écrié l’avocat général aux Assises est de ceux qui écartent de la pensée et du cœur la moindre pitié et la moindre indulgence. » Et pourtant… La condamnée à mort est grâciée une première fois par le Président de la République Albert Lebrun en 1942, le Maréchal Pétain, chef de l’Etat français, ramène à douze ans la peine des travaux forcés à perpétuité : en 1945, le Général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire, annule une interdiction de séjour de vingt ans. Enfin, en 1963, la Cour de Rouen prononce la réhabilitation de Violette Nozière : fait unique dans l’histoire de la justice française, s’agissant d’un condamné à mort pour crime de droit commun.
Pour saisir le sens de ces mesures si éloignées des réquisitions de l’accusateur, il faut se pencher sur cette affaire qui a occupé la justice pendant trente ans, passionné l’opinion, inspiré des poètes comme Eluard et Breton, des peintres comme Ernst, Magritte, Giacometti.
Voici Violette Nozière. Ses amours, ses crimes, son expiation et son rachat : sa fin. Autant que l’évocation d’un sombre drame encore entouré de mystères, ces pages sont le roman d’une vie, un roman d’un réalisme cruel, éclairé par de fulgurantes lueurs de pureté et de tendresse.

Mon avis : Bien que je connaissais de nom Violette Nozière, j’ignorais tout de ses crimes. Ainsi, dans ce récit l’auteur nous plonge avec passion dans la vie de cette criminelle dès son jeune âge jusqu’à sa mort. On découvre donc une fille aimée par ses parents qui ne veulent pas voir qu’elle se dévergonde de jour en jour, ils semble croire ses mensonges jusqu’au jour où le doute s’installe quand leur argent se volatilise de leur cachette.
Violette Nozière rêve de richesse, de connaître les sensations de l’amour et donc, elle est prête à tout pour subvenir à ses envies. Au fil des pages, je n’ai pas cessé d’être indigner envers son comportement et le pire c’est quand elle accuse son défunt père, qu’elle a empoissonné, d’avoir abusé d’elle. Sa pauvre mère, qui au début est révoltée et n’a plus d’estime envers sa fille finit quand même par la pardonner : et oui, c’est son enfant et malgré tout elle l’aime.
Ce livre est vraiment remarquable car on apprend beaucoup sur Violette Nozière mais aussi sur les procès de cette époque. Et donc, le lecteur ne peut être qu’offusqué par le destin de cette criminelle ou bien « satisfait » de la savoir en liberté après s’être rachetée. Pour ma part, elle ne méritait certes peut-être pas la peine de mort mais, le mal qu’elle a fait ne devait pas être « pardonnable » après, si sa mère elle-même lui a pardonné alors, on ne peut que se réjouir pour cette dernière de retrouver sa fille.
Pour conclure, j’ai adoré ce livre et la plume de l’auteur y est pour beaucoup car elle est dynamique et nous entraîne avec un véritable plaisir dans ce fait-divers et à aucun moment j’ai trouvé des longueurs ni de passages barbants. Bref, cette lecture est un énorme coup de cœur pour moi !