Littérature étrangère·Littérature classique

Le château – Franz Kafka

Quatrième de couverture : – Dans quel village me suis-je égaré ? Y a-t-il donc ici un château ?
– Mais oui, dit le jeune homme lentement, et quelques-uns des paysans hochèrent la tête, c’est le château de M. le Comte Westwest.
– Il faut avoir une autorisation pour pouvoir passer la nuit ? demanda K. comme s’il cherchait à convaincre qu’il n’avait pas rêvé ce qu’on lui avait dit.
– Il faut avoir une autorisation, lui fut-il répondu, et le jeune homme, étendant le bras , demanda, comme pour railler K., à l’aubergiste et aux clients :
– A moins qu’on ne puisse s’en passer ? …

Mon avis : Dès les premières pages, j’ai dû m’adapter au style de l’auteur, pas au niveau de l’écriture mais plutôt dans le sens de l’intrigue. Au final, j’ai lu sans trop m’interroger et je me suis ainsi laisser bercer par la plume de l’auteur.
J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de petites leçons de morale qui mènent à la réflexion et aussi, on y trouve des petites touches d’humour à travers certaines situations et dans le comportement décrits de certains personnages.
Quant à K., il a une personnalité dont chaque lecteur je pense aura sa manière de le « juger » car pour ma part, je l’ai soutenu dans le début de sa quête à pénétrer au château pour ensuite, le trouver impatient voir lassant quand il voit que ses efforts ne mèneront nulle part et pourtant, les gens du village l’ont prévenu.
En ce qui concerne les autres protagonistes, je les ai trouvé tous intéressant avec plus ou moins une part de mystère dans leur volonté et dans leur comportement envers K.. : comme Frieda dont je m’interroge encore si elle a aimé ce dernier.
Pour conclure, il est difficile de construire un avis sur ce livre car il laisse déjà une fin ouverte et offre la possibilité aux lecteurs d’interpréter l’histoire comme il la comprend. La seule chose que je peux dire, c’est que c’est un roman hors-du-commun qu’on ne peut pas oublier et qui m’a donné envie de lire d’autres œuvres de cet auteur vu que celui-ci est le premier que je lis de lui.

« Tu as beau encourager autant que tu le veux quelqu’un qui a les yeux bandés à regarder à travers son bandeau, il ne verra jamais quoi que ce soit ! Il ne commencera à voir que du moment où on déliera le bandeau ! »

« On sacrifie sa santé, sans s’en rendre compte sur le moment, à des choses qui n’en valent vraiment pas la peine. »

Littérature française·Polar / Policier / Thriller

Fais-le pour maman – François-Xavier Dillard

Quatrième de couverture : Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa sœur adolescente, Valérie, et leur mère. Cette dernière arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, occupant un job ingrat qui lui prend tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère : elle accuse son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. Elle sera condamnée à cinq ans de prison.
Des années plus tard, alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue, Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaire… Mais de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients annoncent le retour funeste des voix du passé…

Mon avis : Le livre débute sur une scène horrible de l’enfance de Sébastien qui va à tout jamais le hanter, le laissant parfois dans des moments de déconnexion avec l’instant présent. J’ai donc eu très vite une compassion pour ce quarantenaire veuf et père de deux filles avec lesquelles il entretient une belle complicité. C’est également un médecin qui est à l’écoute de ses patients. Ainsi, quand le destin mais sur son chemin Claire, commissaire avec un passé difficile, il envisage à l’idée de refaire sa vie avec quelqu’un. Mais, des événements vont mener Claire à enquêter sur Sébastien.
Ce thriller qui va crescendo avec des chapitres courts, donne la parole aux divers protagonistes comme celle de Sébastien, de sa fille Léa et de Claire entre autres. Ainsi, on a un aperçu de leur psychologie et sur ce qu’ils vivent. Il y a également des passages sur l’enfance de Sébastien qui nous interrogent sur lui et sa famille.
J’ai beaucoup apprécié Léa, une fille très courageuse et surtout lucide. Quant à Claire, bien que j’ai eu dû mal sur le fait qu’elle se morfond sur son passé, elle est néanmoins essentiel dans l’histoire.
Par sa construction et son rythme, j’ai lu ce thriller d’un peu plus de trois cents pages d’une traite, je l’ai trouvé crédible et l’auteur sait faire durer le suspense jusqu’au bout. Le dénouement est inattendu et clôture cette histoire avec brio.
Pour conclure, j’ai passé un superbe moment de lecture avec ce livre, il m’a tenu en haleine jusqu’à la fin et je pense donc que c’est un auteur à suivre. Bref, je vous recommande ce thriller bien construit et superbe aussi sur le point de vue psychologique !

Au temps de Louis XIV·Autobiographie / Biographie / Biographies romancées·Marie-Madeleine d'Auvray·Romans historiques·Thématiques

La Marquise des Ombres – Catherine Hermary-Vieille

Quatrième de couverture : Après une enfance endeuillée par la mort de sa mère, Marie-Madeleine d’Auvray arriver en 1643 à Paris, où son père est nommé lieutenant civil. Marie-Madeleine rêve sa vie future et s’imagine grande dame, riche, fêtée et, par-dessus tout, aimée. Le mariage organisé par son père avec Antoine Gobelin, bientôt marquis de Brinvilliers, ne lui apportera que le confort financier et ne comblera pas ses désirs. Ses deux passions profondes vont alors très vite trouver à s’incarner en deux hommes qui seront mêlés à toute sa vie : l’argent en Pierre-Louis de Penautier, trésorier des états de Languedoc et homme d’affaires, et l’amour, en Jean-Baptiste de Sainte-Croix, aventurier et alchimiste.
Dès lors, le destin de la marquise de Brinvilliers est tracé. Dépensant sans compter pour satisfaire ses goûts de luxe et encore plus ceux de son amant, se lançant dans des placements aventureux conseillés par Penautier, elle vivra des années brillantes sans cesser d’être au bord de la ruine. Prête à tout pour sauver les apparences qui lui tiennent lieu de bonheur, Marie-Madeleine ne saura pas arrêter l’enchaînement infernal qui la mènera jusqu’au crime.
Autour d’une femme entraînée par sa faiblesse et ses passions, Catherine Hermary-Vieille a peint la vie d’une société et d’une époque où l’éclat des uns ne cache pas la misère des autres. Un extraordinaire travail de recherche lui a fait découvrir un personnage fascinant, émouvant, inoubliable, que sa sensibilité et son talent lui ont permis d’animer.

Mon avis : Avant toutes choses, je tiens à préciser que Marie-Madeleine d’Auvray m’était inconnue avant de découvrir ce livre.
Je vais davantage vous parler sur mon ressenti envers cette marquise, déjà elle a vécu quelque chose de terrible durant son enfance avec son professeur de dessins qui ne cessera de la hanter toute sa vie : ce qui engendra une certaine barrière entre elle et son mari Antoine Gobelin, bien qu’il ne sache rien même si, ce dernier lui donnera des enfants.
Ainsi, quand elle voit pour la première fois Jean-Baptiste de Sainte-Croix, un ami d’Antoine, elle succombe de suite à lui tant ils sont identiques et cela a l’air réciproque pourtant, Jean-Baptiste n’est pas fortuné mais, Marie-Madeleine subvient à ses besoins. Mais, aimant tout deux l’argent et le luxe, les dettes vont s’accumuler et donc, Jean-Baptiste n’hésitera pas à demander de l’argent pour lui à Marie-Madeleine pensant s’enrichir grâce aux placements effectués chez Penautier.
C’est à partir de ce moment-là que j’aurai eu envie que Marie-Madeleine se réveille, car naïve et trop amoureuse pour voir que ces deux hommes qu’elle aime d’une manière différente la manipule. Elle se soumet totalement à Jean-Baptiste qui rien qu’à la parole obtient tout d’elle et qui entraînera donc la distance avec sa famille et engendrera des crimes pour obtenir des héritages.
A travers cette biographie romancée, j’ai ressenti une certaine compassion pour Marie-Madeleine car quand elle avait de l’amour pour quelqu’un elle le donnait en toute confiance pourtant, pour la plupart d’entre eux, ils se sont révélés être des « ennemis ». Malgré cela, ça n’excuse pas ce qu’elle a fait envers sa famille bien que l’amour l’a rendu aveugle et surtout soumise.
Pour conclure, j’ai adoré ce livre qui dépeint une époque que j’apprécie et qui m’a fait découvrir Marie-Madeleine d’Auvray : un personnage inoubliable.

« L’amitié est suffisante quand elle est éternelle »

Esclavage·Littérature étrangère·Thématiques

Beloved – Toni Morrison

Deuxième de couverture : « Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé… »
A Bluestone Road, près de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flaques de sang, des gâteaux sortent du four marqués de l’empreinte d’une petite main de bébé.
Dix-huit ans après son acte de violence et d’amour maternel, Sethe l’ancienne esclave et les siens sont encore hantés par le souvenir de la petite fille de deux ans qu’elle a égorgé.
Jusqu’au jour où une inconnue, « Beloved », arrivée mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d’exorciser son passé. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l’oubli.
Ce roman aux résonances de tragédie grecque, au style d’une flamboyante beauté lyrique, a figuré pendant des mois en tête des listes de best-sellers en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Mon avis : L’histoire de ce roman se situe après la guerre de Sécession américaine, celui-ci aborde cette période de l’esclavage à travers le passé de Sethe, une ancienne esclave.
La lecture de ce livre n’a pas été très simple pour ma part au début : il faut prendre son temps car nombreux sont les flash-back donc, ça demande une certaine concentration. Néanmoins, le style de l’autrice n’est pas dépourvu d’intérêt car à sa manière elle arrive à nous faire connaître le vécu de chaque protagonistes. Ainsi, on se rend compte à quel point est misérable la vie des esclaves, que rien ne leur appartient même leur corps.
Au niveau de l’intrigue en elle-même, je ne dévoile rien puisqu’il faut la découvrir par soi-même puisque même la deuxième de couverture reste évasive.
Ce que je peux vous dire c’est que Sethe est une femme à qui l’on s’attache, qui nous touche et dont le passé la marque encore. D’autres personnages de ce roman sont tout aussi intéressants.
Pour conclure, c’est un roman qui peut déranger sur certains côtés mais avec lequel on ne ressort pas indemne après sa lecture car, il marque et nous bouleverse. Bref, un livre dont il faut prendre le temps de lire pour bien tout assimiler et pour mieux l’apprécier. A savoir que c’est inspiré de la vie de Margaret Garner : une esclave afro-américaine ayant échappé à l’esclavage dans le Kentucky.

Autobiographie / Biographie / Biographies romancées·Coco Chanel

Coco Chanel : un parfum de mystère – Isabelle Fiemeyer

Quatrième de couverture : Isabelle Fiemeyer restitue d’une écriture romanesque la vérité fragmentée d’une petite fille abandonnée devenue une figure majeure du XXe siècle. Pour saisir, derrière l’image publique, une personnalité discrète et tourmentée, elle s’appuis sur des documents inédits.
Témoignage phare, celui de Gabrielle Labrunie, petite-nièce de Coco Chanel, qui vécut dans son intimité pendant plus de quarante ans. C’est la seule fois qu’elle a accepté de partager ses souvenirs sur celle qu’elle appelait « Auntie Coco ».

Mon avis : Avant de lire cette courte biographie, j’ignorais tout de la vie de Coco Chanel. Ainsi, j’ai appris qu’à l’âge de douze ans, elle et ses sœurs ont été placé par leur père dans un orphelinat suite au décès de leur mère. Elle gardera pendant un moment l’espoir que son père viendra la rechercher, c’est aussi cet espoir qui lui fait surmonter cet abandon. C’est aussi dans cet établissement que son style s’imposera et qu’ensuite, de rencontres en rencontres, elle pourra alors devenir créatrice de mode.
Gabrielle Chasnel dite « Coco Chanel » est décrite comme une personne discrète, acharnée au travail, et toujours présente pour ses amis pour qui elle n’hésitera jamais à leur venir en aide financièrement ou d’une quelconque autre manière.
J’ai pu constater également à travers cette lecture, qu’elle avait eu des amateurs mais pas de véritable amour, puisque ses plus proches amis intimes se sont mariés tout en gardant quand même avec elle une relation amicale. Il y en a eu pourtant un qu’elle aimait, Boy Capel, qui malheureusement décède trop tôt dans un accident de voiture. Au fil du temps, Coco Chanel perd ceux qu’elle aime, broie du noir car son passé ressurgit et se sent toujours abandonnée.
Ce que j’ignorais aussi c’est qu’elle avait fermé sa maison de couture durant quatorze années c’est-à-dire de 1939 à 1953. Donc, à la réouverture et lors de sa nouvelle collection, la France « rejette » son style, par contre l’Amérique l’adopte tout de suite. Coco Chanel est une femme qui est certes discrète mais qui s’impose avec son style vestimentaire et ce n’est pas Elsa Schiaparelli qui lui fait peur puisqu’elle ne la considère pas comme une concurrente de la mode.
Pour conclure, cette courte biographie sur Coco va à l’essentiel et permet aux lecteurs d’apprendre davantage sur cette créatrice de mode hors du commun à cette l’époque.

« Je trouve ignoble et vulgaire de se promener avec des millions autour du cou. Les bijoux ne sont pas faits pour avoir l’air riche, mais pour avoir l’air paré. »

« A plus de soixante-dix ans, elle se bat toujours pour imposer son style, son image ou plutôt l’image de ce qu’elle fut, encore jeune, désirable, amoureuse. Une femme intemporelle, immobile, comme figée dans son attente, l’attente de l’amour. « On ne sait jamais quand on a un rendez-vous avec le destin. », aime-t-elle répéter. Elle dit aussi : « Une femme est toujours trop habillée, jamais assez élégante » et, « L’élégance du vêtement, c’est la liberté de bouger. » « 

Littérature contemporaine·Littérature française·Romans historiques

La part des flammes – Gaëlle Nohant

Quatrième de couverture : 4 mai 1897 : deux jeunes femmes sont prises dans l’incendie du Grand Bazar de la Charité. Leurs destins sont liés à jamais…
Violaine de Raezal rêve de participer à la vente de charité la plus mondaine de Paris, celle du Grand Bazar. Chaque année, pendant quelques jours, les jeunes femmes de la haute société s’improvisent vendeuses tandis que le Tout-Paris se presse pour acheter une babiole. Mais Violaine a un passé, et l’aristocratie la rejette… Cependant, grâce à la duchesse d’Alençon, elle parvient à réaliser son rêve. Sur place, elle fait la connaissance d’une belle et mystérieuse jeune fille, Constance d’Estingel, à l’âme passionnée et tourmentée.
Mais un terrible incendie se déclare. Violaine et Constance parviendront-elles à s’échapper ? Désormais, un lien indestructible va naître entre elles deux…

Mon avis : Mêlant personnages fictifs et réels, Gaëlle Nohant a écrit là un superbe roman historique sur l’incendie du Bazar de la Charité qui a fait plus de cent vingt morts dont majoritairement des femmes de la haute société : parmi elles, la duchesse d’Alençon. L’autrice nous partage également dans son livre des extraits de journaux véridiques sur l’horreur de ce drame. Elle nous dépeint également et avec détails le Paris du XIXème siècle avec son aristocratie, sa religion, ses rumeurs malveillantes etc…
Maintenant, pour ce qui est de l’intrigue, j’ai toute de suite été happé dans l’histoire dès les premières pages. Il faut dire que les héroïnes, Constance et Violaine, y sont pour beaucoup. Je me suis tout de même davantage attachée à Constance pour sa liberté de pensée en totale désaccord avec ses parents qui eux, ne pensent qu’à leur image au lieu du bien-être de leur fille : ils la veulent mariée, dans le monde aristocratique fréquentant des gens importants etc … bref, j’ai ressenti une certaine haine envers eux, surtout la mère.
En ce qui concerne Violaine, si au début je n’arrivais pas à la cerner sur sa psychologie, j’ai trouvé qu’après avoir vécu ce qu’elle a vécu durant l’incendie, elle a évolué dans le sens où elle s’est plus ouverte à ce qui l’entoure comme aux malades, aux brûlés… et à aider aussi ce qu’elle apprécie. Bref, elle est devenue bienveillante et donc plus attachante.
Aussi, d’autres protagonistes secondaires sont charmants, comme une amie américaine de la duchesse d’Alençon, celle aussi qui recueillera pendant un temps Constance : Mme de Rancy … sans oublier le journaliste Laszlo de Nérac, éperdument amoureux de Constance qui elle, l’a « rejeté ».
Pour conclure, je ne vous dévoile pas davantage l’intrigue puisque celle-ci se découvre avec plaisir au fil des pages. Je peux juste vous dire, qu’une fois la lecture commencée, il est difficile de s’arrêter tant on est captivé.

Autobiographie / Biographie / Biographies romancées·Frida Kahlo

Frida Kahlo – Rauda Jamis

Quatrième de couverture : Née en 1907 à Mexico, le grand peintre Frida Kahlo vécut une brève existence de quarante-sept ans, déchirée entre de terribles souffrances physiques et une force de création immense. A dix-sept ans, un horrible accident de bus la cloue au lit pour de nombreux mois et l’obligera à porter des corsets de plâtre ou d’acier pour le restant de ses jours. La douleur est entrée dans sa vie. Pour survivre, elle commence à peindre. D’une beauté fascinante, elle aura une vie sentimentale tumultueuse : elle épousera en 1929 Diego Rivera, le plus célèbre peintre mexicain de l’époque, divorcera puis se remariera avec lui ; elle connaîtra d’autres hommes : Léon Trotski, le photographe Nickolas Muray… A Paris, en 1939, elle sera entourée d’une foule d’admirateurs : Picasso, Breton…
Portrait d’une femme extraordinaire, ce livre est aussi le tableau de toute une époque, du Mexique révolutionnaire aux richissimes salons new-yorkais en passant par les galeries surréalistes des années 30.

Mon avis : Avant de lire ce livre, je connaissais peu de choses au sujet de cette femme exceptionnelle. Grâce à cette biographie très complète qui retrace le parcours de Frida Kahlo de son enfance à son décès, on apprend beaucoup de choses, notamment : la naissance pour son goût à la peinture, pourquoi elle a réalisé majoritairement des autoportraits, sa relation compliquée avec Diego Rivera, et aussi toutes les souffrances physiques qu’elle a enduré.
En lisant donc son histoire, j’ai été touché par tout ce qu’elle a dû éprouver et pourtant, chaque obstacles, elle les a surmonté avec force et courage… là où d’autres auraient longtemps lâché prise. C’est son amour de la peinture qui lui a permis ainsi de moins « souffrir ». Car avant tout, ce n’est pas la notoriété qu’elle recherchait puisqu’elle peignit sa réalité : une façon de se libérer de ses souffrances.
En conclusion, avec cette biographie, Rauda Jamis nous fait découvrir à quel point Frida Kahlo était une femme épatante et qu’elle mérite d’être reconnue aussi bien pour sa personnalité mais aussi, pour ses œuvres qui retracent ainsi ce qu’elle a ressenti au fond d’elle au cours de son existence. Bref, une biographie que je recommande vivement à celles et ceux qui veulent connaître cette femme d’exception !

« Un rêve sans espoir est un rêve qui tue. »

« Il n’y a pas beaucoup de différence entre un géant et un prince charmant. Ça dépend du sens qu’on veut donner aux mots. »

« On ne peut vivre sans essayer de comprendre, sans s’efforcer de trouver une réponse à certaines questions. »

« Je réalisai que chaque larme creuse un sillon sur le visage, fût-il jeune et lisse. Chaque larme est une fragmentation de la vie. »

« La vie a des retournements surprenants et heureux au moment où l’on s’y attend le moins. »

« J’aime beaucoup les choses, la vie, les gens. Je ne veux pas que les gens meurent. Je n’ai pas peur de la mort, mais je veux vivre. La douleur, ça non, je ne la supporte pas. »

« Tant qu’à être désespérée, autant être productive. C’est toujours ça de volé à la pure et simple autodestruction… »

« L’art de Frida Kahlo de Rivera est un ruban autour d’une bombe. »

Littérature étrangère·Romans historiques·Seconde Guerre Mondiale·Thématiques

La goûteuse d’Hitler – Rosella Postorini

Quatrième de couverture : 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.
Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

Je vous fais partager ci-dessous la note de l’autrice que l’on retrouve à la fin du livre qui explique pourquoi elle a écrit ce roman :

« En septembre 2014, j’ai lu dans un journal italien un entrefilet sur Margot Wölk, la dernière goûteuse d’Hitler encore en vie. Frau Wölk avait toujours gardé le silence sur son expérience, mais à quatre-vingt-seize ans, elle avait décidé de la rendre publique. J’eus immédiatement envie de faire des recherches sur elle et son histoire. Quand je réussis à trouver son adresse à Berlin quelques mois plus tard, dans l’intention de lui envoyer une lettre pour solliciter une rencontre, j’appris qu’elle venait de mourir. Je ne pourrais jamais lui parler, ni raconter ce qu’elle avait vécu. Mais je pouvais tenter de découvrir pourquoi elle m’avait autant frappée. C’est ainsi que j’ai écrit ce roman. »


Mon avis : Avant de me plonger dans cette lecture, je ne pensais pas à ce qu’Hitler avait des goûteuses, même si cela est logique comme pour de nombreux dirigeants. Dans ce livre on apprend beaucoup de choses à travers Rosa, la narratrice et l’héroïne de ce livre, ainsi on découvre avec stupeur leur quotidien dans la caserne du Führer et leur courage surtout de goûter des plats au risque de mourir.
C’est aussi une époque de tristesse, d’éloignement envers les siens comme Rosa qui n’a pas de nouvelles de son mari Gregor parti au front c’est ainsi, qu’au fil du temps, une liaison « dangereuse » va naître entre elle et un lieutenant d’Hitler. Par leur histoire, l’autrice démontre que malgré le parti de chacun, il y a toujours un être humain derrière le paraître et que l’amour peut être plus fort que tout.
« La goûteuse d’Hitler » est un roman puissant, qui nous touche et dans lequel je me suis beaucoup attachée à Rosa et la plume de l’autrice y est également pour beaucoup. Il fait partie de ces livres dont je ne suis pas prête d’oublier tant l’histoire est prenante et aussi intéressante.
Pour conclure, c’est un roman coup de cœur dont je comprends maintenant son succès et donc, je ne peux que vous encourager à le lire.

« C’est une chose de recevoir un cadeau, c’en est une autre de le réclamer. »

« On peut cesser d’exister alors qu’on vit encore. »

« La faiblesse réveille le sentiment de culpabilité chez celui qui la reconnaît et je le savais. »

« Il est plus facile de se soumettre que de dominer. »

« Souvent un secret partagé sépare au lieu d’unir. »

« Les choses ne sont presque jamais comme elles semblent… Ça vaut aussi pour les gens. »


Littérature étrangère·Littérature contemporaine

Acide sulfurique – Amélie Nothomb

Résumé : Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.
Étudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Les premiers sévices étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

 

Mon avis : Même si ce roman est assez loin d’être mon préféré d’Amélie Nothomb, je dois reconnaître que c’est néanmoins une très bonne satire de la téléréalité. Ainsi, elle démontre à quel point sont nombreux les spectateurs qui regardent ce genre d’émissions sans intérêt et leur impact sur l’audience et donc, sur leur durée d’existence.
Amélie Nothomb aborde également par cette fiction comment était le traitement dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale.
Ainsi, nous suivons divers protagonistes détenus dans ce jeu nommé « Concentration » où une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux va vite devenir l’héroïne, celle-ci se nomme Pannonique. Cette dernière est la seule à qui je me suis plus ou moins attachée dans cette histoire. En fait, il m’a manqué un petit quelque chose pour que je ressente les émotions ou de la compassion envers les personnages. Aussi, j’ai eu dû mal à m’imprégner le décor et l’horreur qu’ils subissent.
Malgré cela, l’intrigue est originale et bien pensée et surtout, ça se lit vite tant on est tout de même pris dans l’histoire et que les chapitres sont courts. L’écriture également de l’autrice y est pour beaucoup.
Pour conclure, « Acide sulfurique » est tout de même un petit roman qui a le mérite d’être lu et qu’il faut découvrir si l’on apprécie Amélie Nothomb car ça sort de l’ordinaire comme souvent avec cette autrice.

« Tout être qui connaît un enfer durable ou passager peut, pour l’affronter, recouvrir à la technique mentale la plus gratifiante qui soit : se raconter une histoire. »

« La guerre révèle la nature profonde des êtres. »

« L’ultime responsabilité revient à celui qui accepte de voir un spectacle aussi facile à refuser. »

« Si tu parles, tu meurs ; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parles et meurs. »

« Il n’est jamais trop tard pour cesser d’être un monstre. »

« Ne baisse pas les bras : tu risquerais de le faire une heure avant le miracle. »

« Le mépris, c’est aussi de croire connaître ce que les autres ont d’inconnaissables. »

Littérature étrangère·Polar / Policier / Thriller

ADN – Yrsa Sigurdardottir

Présentation de l’éditeur : On vient de retrouver à son domicile le corps d’Elisa Bjarnadottir, la tête entourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L’agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence. Espérant l’en faire sortir, l’officier chargé de l’enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C’est sa seule chance de remonter jusqu’au meurtrier. Ce dernier n’a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffonnée sur les lieux du crime.
Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à son tour d’étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l’une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu’ait connues l’Islande.
Avec ce roman addictif et glaçant, Yrsa Sigurdardottir confirme son statut de reine du polar islandais.

Mon avis : Dès le début du livre, nous sommes plongés dans l’intrigue où la manière dont le tueur tue ses victimes est assez atroce et on n’ose donc s’imaginer les scènes.
Huldar, l’officier chargé de l’enquête dont sa personnalité nous est bien dépeinte, piétine pour trouver le coupable et, ainsi j’ai été comme lui à essayer de deviner l’identité de ce dernier et ses motivations.
J’ai également ressenti beaucoup de peine envers Margrét, la fille d’Elisa, surtout lors de la scène où elle voit sa mère se faire tuer.
Quant à la psychologue pour enfants, Freyja, on ne peut que s’attacher à elle lorsque surtout elle interroge Margrét sur ce qu’elle a vu.
ADN est donc un très bon polar qui tient en haleine et malgré son nombre de pages, il se lit très bien grâce notamment au rythme, au suspens et aux chapitres courts. J’ai aimé aussi l’alternation entre les divers protagonistes.
Quant au dénouement, il est un peu complexe à comprendre au début mais il est bien recherché.
Bref, si vous cherchez à lire un polar islandais, je ne peux donc que vous recommander celui-ci.

« Les plus rusés sortent le grand jeu quand ils font semblant d’être désespérés. »

« Des personnes trop semblables ne faisaient pas toujours bon ménage. »

« Parfois, les gens ont besoin de savoir les choses. Même si elles sont laides ou mauvaises. Parfois, elles ne sont pas aussi graves qu’on le croit. »